Les SDF, réfugiés, sans abri encombrent nos villes et ce phénomène ne fait que s’amplifier sans que l’on trouve de solution. Au XIXème siècle, on a essayé de lutter contre ce phénomène avec une idée innovante.
En 1817, à l’initiative de notables hollandais, la « Société
de la Bienfaisance » voit le jour dans le Royaume des Pays-Bas (dont
faisait partie l’actuelle Belgique). Son objectif est de lutter contre la
pauvreté en remettant au travail des indigents : le principe de base est
de les héberger et leur donner une parcelle de terrain à cultiver afin qu’ils
subviennent à leurs propres besoins. Sept colonies agricoles se sont
ainsi développées, cinq aux Pays-Bas et deux dans la Campine belge :
Wortel et Merksplas.
Wortel était une colonie « libre » qui
accueillait des familles sur base du volontariat. En revanche celle de Merksplas
fondée en 1924 était un centre fermé pour délinquants qu’on voulait réinsérer
par le travail. Après l’indépendance de 1830, ces deux colonies ont été
étatisées et transformées en institutions de bien-être pour vieillards,
handicapés, personnes sans ressources et à partir de 1920 pour malades
psychiatriques.
Durant la deuxième guerre mondiale, le régime Nazi a expulsé
les occupants et a utilisé Merksplas comme camp de concentration pour Juifs.
Mais après 1945, déshérités et mendiants y trouvent de nouveau refuge jusqu’en
1955, le point final de cette expérience.
Depuis lors, Merksplas avec
ses 600 hectares a été reconverti en lieu de mémoire pour ces milliers de
gens qui y ont travaillé, avec photos, témoignages, récits et on peut
visiter les divers bâtiments. Une partie du site a été aménagée en hôtel
(Colonie 7) et une autre est devenu un centre fermé pour illégaux géré par
l’Office des Etrangers.
Hôtel « Colonie 7 »
de Merksplas
Ces colonies étaient une initiative généreuse et elles
ont fonctionné pendant plus d’un siècle comme outil de réinsertion. En 2021, elles
ont été inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Autant savoir.