dimanche 14 juin 2026

Mots compliqués de la langue française


Dans le vocabulaire de la langue française, on trouve des termes rares, alambiqués pour désigner nos petits travers, nos manies, nos défauts. En voici quelques-uns peu employés qu’on ne place pas facilement dans une conversation mais qu’on rencontre dans la littérature :

-            Atrabilaire : qui a mauvais caractère, coléreux.

-            Hypocondriaque : toujours anxieux, dépressif, malade imaginaire.

-            Valétudinaire : si l’on est de santé précaire, souvent malade.

-            Procrastinateur : celui qui remet toujours un travail à plus tard, ne sait pas se décider à entreprendre quelque chose.

-            Ultracrépidarianisme : quand on s’exprime en dehors de sa compétence.

-            Psittacisme : répéter des phrases ou des idées entendues sans vraiment les comprendre … comme un perroquet.

-            Callipyge : défaut physique, l’embonpoint au niveau du bassin.

-            Triskaïdékaphobe : la phobie du chiffre 13.

-            Arachnophobe ; la peur des araignées.

-            Prognathe : faciès avec la mâchoire inférieure proéminente… comme Charles-Quint représenté en peinture.

-            Béjaune : naïf, sans expérience.

-            Lucaniste : amateur de cerfs-volants … etc.

Vous ne connaissez pas ces mots mais vous faites votre mea culpa ? Alors vous êtes résipiscent, vous reconnaissez votre erreur en la regrettant et en demandant pénitence !

Autant savoir.

 

mardi 9 juin 2026

Séquoia

Le séquoia, cet arbre géant, est originaire de Californie où l’on trouve des spécimens vieux de 2 à 3000 ans qui culminent à plus de 100 mètres avec un diamètre de 10 mètres à la base. Il a été introduit en Europe au XIXème siècle principalement dans les parcs de châteaux. Son écorce épaisse et fibreuse est de couleur rougeâtre, d’où son nom anglais « Redwood ».

Une image contenant plein air, plante, trompe, arbre

Description générée automatiquement

Il a été baptisé « séquoia » en 1847 par le botaniste Stephan Endlicher en hommage à Sequoyah, un amérindien autodidacte qui à partir de 1809 a créé un alphabet pour retranscrire la langue du peuple Cherokee : il comporte 86 signes, un pour chaque syllabe.

Il faudra beaucoup de persévérance et d’ingéniosité à Sequoyah pour faire connaître ce syllabaire et qu’il soit adopté par les Cherokees. Il l’enseignera d’abord à sa fille de 6 ans et avec elle, fera des démonstrations dans les réserves indiennes. Peu à peu, les chefs des tribus seront convaincus de son intérêt et son travail reconnu d’utilité publique.

Une image contenant statue, plein air, monument, arbre

Description générée automatiquement

Buste de Sequoyah dans l’Oklahoma (Léonard Murphy, sculpteur)

Un district de l’Oklahoma porte son nom. Le conifère a d’abord été appelé le géant de Wellington (le vainqueur de Waterloo) avant d’être dénommé séquoia.

Autant savoir.

vendredi 5 juin 2026

« On n’est pas sorti de l’auberge ! »

Cela signifie « Il reste du travail à faire, des obstacles à surmonter… »

Que vient faire l’auberge là-dedans ? En argot « auberge » veut dire « prison », là où on reçoit le gîte et le couvert. Littéralement, notre expression veut donc dire « Ne pas en avoir fini avec sa détention » et par extension « Ne pas en avoir fini avec les problèmes, les difficultés ».

Mais c’est à partir de l’affaire de l’Auberge rouge que l’expression est devenue populaire. Une affaire criminelle qui a fait grand bruit en France au début des années 1830. Les époux Pierre et Marie Martin tenanciers d’une auberge à Peyrebeille dans l’Allier ont été accusés d’avoir détroussé et occis plusieurs de leurs clients avec l’aide de leur domestique Jean Rochette. On leur a même imputé la disparition de 53 personnes dont ils auraient brûlé les corps dans le four à pain mais faute de preuves, ils ont été finalement condamnés pour un seul assassinat et quatre tentatives. Les trois compères ont été guillotinés en 1833 sur les lieux de leurs crimes et depuis lors, on dit qu’on n’est pas sorti de l’auberge quand on risque de très gros ennuis !

Nos cousins québécois ont une locution équivalente : « on n’est pas sorti du bois ». Sans doute une allusion aux forêts profondes du pays dans lesquelles on peut se perdre…

Autant savoir.

 

 

 

mardi 2 juin 2026

Du smiley à l’émoji

En 1963 apparaît le premier smiley inventé par Harvey Ball, un américain employé dans une société d’assurances. Cet idéogramme devait contribuer à un esprit positif au sein de l’entreprise. Les gens du marketing ont tout de suite réalisé l’intérêt de cette communication simple et rapide, un langage universel compris de tous partout dans le monde et c’est le succès pour cette boule jaune souriante, symbole d’approbation. Elle sera vite suivie par l’inverse : le sourire devient une moue quand on désapprouve !

Cette représentation imagée inspire les informaticiens qui composent dans les années 1980 des émoticônes en utilisant les ponctuations et caractères du clavier. Et cela permet d’exprimer un sentiment comme la joie, la bonne humeur avec « :-D ».

Les premiers émojis ont été créés en 1997 pour le groupe japonais Softbank (portail internet Yahoo) mais leur véritable développement est dû à Shigetaka Kurita (de NTT Docomo) qui invente une série de 172 émojis. Ils seront progressivement insérés dans les claviers des ordinateurs et des smartphones, ce qui les rendra facilement accessibles contrairement aux émoticônes. Depuis lors, ils ne sont plus cantonnés aux expressions du visage, on trouve de tout : des animaux, des plantes, des symboles d’activités, des objets et leur utilisation augmente sans cesse. Les hiéroglyphes des temps modernes !

Le mot émoji est entré dans l’édition 2017 du dictionnaire « Le Petit Robert ».

Autant savoir.

 

 

 

Mots compliqués de la langue française

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