dimanche 26 juillet 2026

Péage et payer


Les péages se sont multipliés sur les autoroutes et chaque fois, il faut ouvrir son portefeuille ou sortir sa carte bancaire. Alors tout naturellement on pense que le mot « péage » est lié au verbe « payer ». Eh bien non ! C’est un dérivé du latin « pes, pedis » (= le pied) qui veut dire littéralement, le droit de mettre le pied, le droit d’entrer…

Au Moyen Age, les péages étaient nombreux, il y en avait partout : pour passer un pont, emprunter un chemin, traverser un territoire ; c’est ainsi que les seigneurs locaux garnissaient leur escarcelle…

Quant au verbe « payer », il vient directement du latin « pacare » qui voulait dire pacifier, faire la paix. On trouve dans ce mot la racine « pax », la paix. Quand on s’acquitte d’une dette, on évite en effet un conflit, on fait la paix !

Autant savoir.

 

lundi 20 juillet 2026

Les dialectes des oiseaux

Dans le parler des humains, il y a des accents. Impossible de confondre le français du Marseillais avec celui du Namurois, de même le néerlandais d’un Gantois n’est pas guttural comme en Zélande.

C’est la même chose chez les oiseaux ! Un pinson du pays de la Loire ne chante pas comme son cousin alsacien. Le thème est le même mais les ornithologues vous diront percevoir des sonorités différentes. Normal, les oiseaux apprennent à chanter ou à piailler en imitant leurs parents et leurs congénères du lieu où ils vivent. Et des différences existent entre les régions, des dialectes de volatiles en quelque sorte.

Les oiseaux d’une même espèce, malgré les accents, arrivent sans doute à communiquer entre eux de façon plus élaborée qu’on ne le pense. En revanche, un merle comprend-il un rossignol ? Pas sûr… C’est sans doute comme pour nous : la langue russe pour un Portugais, c’est du chinois !

Troglodyte mignon

Autant savoir.

vendredi 17 juillet 2026

Colonie de Merksplas, patrimoine mondial de l’UNESCO

Les SDF, réfugiés, sans abri encombrent nos villes et ce phénomène ne fait que s’amplifier sans que l’on trouve de solution. Au XIXème siècle, on a essayé de lutter contre ce phénomène avec une idée innovante.

En 1817, à l’initiative de notables hollandais, la « Société de la Bienfaisance » voit le jour dans le Royaume des Pays-Bas (dont faisait partie l’actuelle Belgique). Son objectif est de lutter contre la pauvreté en remettant au travail des indigents : le principe de base est de les héberger et leur donner une parcelle de terrain à cultiver afin qu’ils subviennent à leurs propres besoins. Sept colonies agricoles se sont ainsi développées, cinq aux Pays-Bas et deux dans la Campine belge : Wortel et Merksplas.

Ces implantations ont rencontré du succès et ont mis au travail des milliers de gens sans ressources mais le sol de la région étant pauvre, elles ne sont pas parvenues à l’autosuffisance. En 1842, c’est la faillite. Wortel et Merksplas devenues belges en 1830 ont été étatisées et transformées en institutions de bien-être pour vieillards, handicapés, personnes sans ressources et à partir de 1920 pour malades psychiatriques.

Durant la deuxième guerre mondiale, le régime Nazi a expulsé les occupants et a utilisé Merksplas comme camp de concentration pour Juifs. Mais après 1945, déshérités et mendiants y trouvent de nouveau refuge jusqu’en 1955, le point final de cette expérience.

Depuis lors, Merksplas avec ses 600 hectares a été reconverti en lieu de mémoire pour ces milliers de gens qui y ont vécu, avec photos, témoignages, récits et on peut visiter les divers bâtiments. Une partie du site a été aménagée en hôtel (Colonie 7) et une autre est devenu un centre fermé pour illégaux géré par l’Office des Etrangers.

kolonie weldadigheid koloniemuseum merksplas varkensstallen gerenoveerd België Kempen

Hôtel « Colonie 7 » de Merksplas

Ces colonies étaient une initiative généreuse et elles ont fonctionné pendant plus d’un siècle comme outil de réinsertion. En 2021, elles ont été inscrites sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Autant savoir.

Merci à Hilde H et Yves de F pour leur contribution à cet article.

 

lundi 13 juillet 2026

Notre planète exténuée

Extrait d’un article de Bruno Colmant paru dans « La Libre » du 10 août 2022 :

« Chaque jour me rend plus inquiet car nous sommes devant des silences qui précèdent les grands périls (…) La révolution industrielle a conduit, surtout depuis les années 1970, à engager les humains dans une course frénétique et narcissique à la croissance et à la possession (…) Nous avons aspiré le futur de la planète au travers de sa surexploitation (…) La planète exténuée va rendre les humains encore plus furieux des déséquilibres et des raréfactions qu’elle impose (…) Nous ne pouvons plus dissocier économie et écologie car l’avidité de l’enrichissement entraîne le saccage de la nature (...) Le capitalisme néolibéral n’est plus compatible avec le défi climatique.»

Bruno Colmant est un économiste réputé, membre de l’Académie Royale de Belgique, et ancien CEO de la banque d’affaires Degroof-Petercam … il sait donc ce que c’est le capitalisme néolibéral…

Et l’article se termine avec une citation de René Dumont, le premier candidat écologiste à la Présidence française, qui, en 1974, face aux caméras de la télévision, disait : « Je bois devant vous un verre d’eau précieuse puisque, avant la fin du siècle, si nous continuons un tel débordement, elle manquera. »

Autant savoir.

 

De la plage au plagiat

La plage de sable ou de galets descend dans la mer… en pente, en oblique donc. Et c’est là son étymologie, le mot vient du grec ancien « plagios » qui voulait dire « penché, en oblique, de travers ».

Une image contenant ciel, extérieur, plage, eau

Description générée automatiquement

Mais par la suite, « plagios » a pris un sens imagé et a été utilisé pour quelqu’un qui n’est pas droit dans ses bottes, comme on dit : un fourbe, un tricheur. Et dans la Rome antique, on retrouve le terme « plagiarius », c’est un escroc spécialisé dans le trafic d’esclaves volés à leur « propriétaire ».

Le terme est devenu « plagiaire » en français dès le XVème siècle et il a pris le sens que nous lui connaissons : quelqu’un qui s’approprie le travail d’un autre, se fait passer pour l’auteur et son œuvre est le « plagiat ».

Plage et plagiat, même origine, encore une bizarrerie linguistique.

Autant savoir.

 

vendredi 10 juillet 2026

Molosse

Un molosse dans le langage familier, c’est un gros chien, pas nécessairement dangereux mais imposant par sa taille et son poids. En employant ce mot, sans le savoir nous faisons référence à un épisode bien lointain de l’Antiquité grecque.

Les Molosses étaient une peuplade qui au IVème siècle avant JC habitait l’Epire, une région des Carpathes au nord de la Grèce. Ils étaient connus pour élever des chiens de taille impressionnante qu’ils utilisaient pour protéger leurs campements mais aussi au combat, comme le relatent Plutarque et Pline l’Ancien dans son « Histoire naturelle ». Ces auteurs latins racontent aussi qu’Alexandre le Grand (356-323 avant JC) avait reçu du roi d’Epire un chien Molosse appelé « Péritas » et qu’il avait éduqué lui-même.

Image illustrative de l’article Jennings Dog

« Jennings dog » sculpture en marbre d'un chien molosse d’Epire (IIème siècle avant JC, British Museum). Jennings est le nom de l’antiquaire anglais qui, au XVIIIème siècle, a acheté dans une échoppe à Rome cette statue et l’a ramenée en Angleterre.

Parmi les races de chiens « molosses », on peut citer le Mastiff anglais, le Cane corso, le Leonberg, le Saint-Bernard, les variétés de Dogues, le Terre-Neuve, le Mâtin de Naples…

Autant savoir.

 

lundi 6 juillet 2026

Ecologie et kérosène

L’avion est le mode de transport le plus polluant et pourtant en Europe et un peu partout dans le monde, le kérosène n’est soumis à aucune taxe, contrairement à l’essence ou au diesel de nos voitures. Cela date de la convention de Chicago du 7 décembre 1944 : afin de promouvoir l’aviation civile, de nombreux états ont convenu à ce moment de défiscaliser le kérosène et cette situation perdure depuis lors. De plus, dans de nombreux pays comme la Belgique et la France, la TVA ne s’applique pas sur les billets d’avion mais bien sur les tickets de tram, de métro, de train… 


Le bon sens écologique voudrait que l’on mette fin à cette défiscalisation du kérosène et que l’on rende le transport aérien nettement plus cher, mais il faudrait un consensus international qui jusqu’à présent fait défaut.

Autant savoir.

Calcul

Le mot « calcul » vient du latin «  calculus  » (= caillou, pierre ) qu’on retrouve dans le langage médical ( calcul au rein ou dans la vési...