jeudi 22 octobre 2026

« C’était ça ou mourir » (Thélyson Orélien)

L’éditeur Grasset a annoncé qu’il mettait fin à sa collaboration avec Thélyson Orélien à la suite des suspicions d’utilisation de l’IA dans ce roman. La descente aux enfers pour l’auteur Québécois qui avait déjà été retiré des nominés pour le prix Goncourt.

C'était ça ou mourir Premier roman - Dernier livre de Thélyson Orélien ...

J’ai acheté ce livre et l’ai lu … d’une traite ! C’est diablement bien fait : poignant, captivant, impossible de rester insensible au parcours de ce migrant haïtien, Jonas Dorléon. Si l’IA a été utilisée pour l’écriture, le résultat est bluffant car le style paraît très personnel. En voici un extrait représentatif de l’ensemble et qui permet d’en juger :

« Ce jour-là, le soleil n’avait pas de pitié. C’était un soleil de punition, un soleil qui cognait, qui voulait qu’on crache nos péchés avant midi. Et nous, les migrants, les réfugiés, les déplacés, les trop vivants, on était là, collés les uns aux autres dans un camp improvisé près de Payita, à la frontière du Panama, sur un terrain vague prêté par personne, bordé par la jungle d’un côté et un poste frontière de l’autre.

On appelait ça un « point humanitaire ». Un joli nom pour une bête sale. 

Des tentes en plastique. Des chiottes portatives qui puaient avant même qu’on les utilise. Des matelas posés à même le sol que même les chiens refusaient d’approcher. Et nous là-dedans, des centaines de corps usés, certains avec des papiers, d’autres avec des rumeurs, tous avec le même rêve : continuer. »

Une machine peut-elle écrire ainsi ? Si elle est intervenue, il y a incontestablement un humain qui l’a guidée. Le résultat en tout cas est une réussite.

Autant savoir.


 

 

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