Les plus chanceux d’entre nous passent un tiers de leur vie à dormir. Les autres connaissent les nuits blanches et l’espoir d’un sommeil réparateur.
Il y a eu par le passé un insomniaque qui a connu la
célébrité parce qu’il ne dormait jamais ! Il s’appelait Paul Kern.
Ce Hongrois combattant en 1915 sur le front russe a reçu un éclat d’obus dans
le crâne. Il est trépané et on lui enlève le projectile logé dans son cerveau. Après
un long coma, il se réveille et, contre toute attente, il survivra jusqu’en
1955. Mais séquelle de cette blessure, il ne parvient plus à s’endormir. Ses
nuits sont devenues pour lui un cauchemar éveillé. Il vit un véritable calvaire
et se sent anormal. Son cas fait l’objet d’études de scientifiques mais on ne
peut rien pour lui, et on le surnomme « l’homme qui ne dort jamais ».
Son cas a attiré l’attention d’Hitler et des Nazis.
En 1938, il est invité à Berlin et les neurologues du Reich essaient de percer le
mystère de cet homme qui reste toujours éveillé. Leur but n’est pas thérapeutique :
ils imaginent l’intérêt au combat de soldats qui n’auraient pas besoin de
dormir. Un avantage stratégique sur l’adversaire ! Et c’est ainsi qu’ils
mettent au point une pilule, la « Pervitine »,
une amphétamine stimulante. En 1940, 35 millions de doses sous forme de
chocolat seront données aux soldats de la Wehrmacht et surtout aux pilotes de
chars. On les surnommait d’ailleurs les « Panzerschokolade ».
Paul Kern a vécu un
calvaire tout au long de sa vie. Et au moment de trépasser, il a pu avoir ces
mots prononcés par le poète Alfred de Musset, le 1er mai 1857,
quelques instants avant de mourir : « Dormir ! … Enfin, je
vais dormir ! »
Source : Article de Jean-Yves Le Naour , revue HISTORIA n°952.
Autant savoir.
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